Street Art : quand l’art s’invite dans nos villes

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Souvent controversé ou au cœur des critiques, le Street Art a du se battre pour se faire une place dans le secteur artistique. La méconnaissance, ou encore la mécompréhension, de cette pratique souvent en cause : de nombreuses personnes considèrent encore le Street Art comme illégal, en le confondant avec les tags. En effet, alors que les tag désignent des signatures rapides, très souvent illégales, dont l’unique but est de marquer le mobilier urbain, le street art, ou encore les graffiti, sont des œuvres d’art à part entière, qui nécessitent du temps et de la technique et répondent à une certaine réglementation. Aujourd’hui présent dans les galeries, le Street Art a su, au fil des années, se faire une place et être reconnu à sa juste valeur.

 

Récemment reconnu, le courant n’en est pour autant pas récent : alors que l’on considère sa véritable apparition dans les années 1960 aux Etats-Unis, il semblerait qu’un avant-goût du Street Art se trouve dans le courant muraliste du Mexique, juste après la révolution de 1910. En effet, ces peintures, dont le but est de permettre à chacun d’illustrer et représenter cette même révolution, ont majoritairement été réalisées dans des lieux publics comme le Palais National de Mexico. Des fresques murales dans les lieux publics ? Cela s’apparente étrangement au Street Art qui se développa en Amérique du Nord quelques dizaines d’années plus tard : on parle alors de Graffiti Writing. Essentiellement à Philadelphie et à New York, la surconsommation et la crise dans laquelle entre le pays se traduit dans les villes. Rébellion, révolution sexuelle ou encore slogans habitent les murs des villes. Mais, il ne faut pas oublier la face cachée de l’iceberg, celle qui, pendant des années, aura nui au Street Art : le graffiti writing, c’est aussi le terrain de jeu des gangs qui profitent de cette occasion pour marquer leur territoire et affirmer leur présence. Qui dit Street Art, dit visible par tous mais aussi, et surtout, réalisable par tous : un mimétisme se met alors en place et chacun, même les plus jeunes, commencent à s’adonner à cette pratique en recouvrant les surfaces publiques disponibles. Cette période donnera cependant naissance à de grands artistes de rue : Cornbread et Cool Earl. Considéré comme le premier graffeur moderne au monde, Cornbread a commencé à marquer les murs pour attirer l’attention d’une jeune femme : il a alors commencé à ajouter « Cornbread loves Cynthia » dés qu’un espace le lui permettait. Il a ensuite été recruté pour faire partie du Anti-Graffiti Network, dont l’objectif était de contrôler les tags dans la ville de Philadelphie. Plus tard, le mouvement a évolué et est devenu le plus grand programme artistique public des États Unis, le Mural Arts Program.

 

Dans les années 1980, à New York, la pratique devient illégal : le graffiti est interdit. Mais, les artistes ne vont pas s’arrêter pour autant. Jean-Michel Basquiat, dont le Musée d’Orlando a exposé 25 œuvres disparues en début d’année, et Keith Haring décident d’allier leurs forces pour ouvrir une galerie d’art dédiée au Street Art, apportant directement plus de sérieux et de crédibilité à la pratique.

Dominic Robinson from Bristol, UK, CC BY-SA 2.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0, via Wikimedia Commons

Au fil du temps, la pratique continue à se développer et traverse l’Atlantique : de nombreux artistes européens s’y adonnent, dont Banksy. L’artiste à l’identité inconnue a débuté ses œuvres dans les années 1990 dans le but de faire passer un message : poésie, humour et politique sont souvent considérés comme ses maîtres-mots. Il réalise la majorité de ses œuvres à l’aide de pochoirs, ce qui lui permet de travailler plus rapidement et qui, à l’époque, lui permettait de ne pas être pris en flagrant délit. Son succès est tel que de nombreuses personnes profitent de son anonymat pour se faire passer pour lui : aujourd’hui, ses œuvres sont authentifiées par la société Pest Control ou encore par des publications sur son site ou ses réseaux sociaux. L’une de ses œuvres les plus connues, apparue pour la première fois à Londres en 2002, a été vendue aux enchères plus d’1 million de livres : La petite fille au ballon. Cependant, l’œuvre s’est immédiatement auto-détruite. En effet, Banksy avait dissimulé une déchiqueteuse dans le cadre de cette reproduction sur toile afin d’éviter toute revente.





La France n’est pas en reste vis-à-vis de ce type d’art : au cœur de Paris, le Musée ART42 dédie plus de 4000m2 à l’art urbain avec plus de 150 oeuvres exposées. L’idée principale de ce musée est d’ouvrir le Street Art au grand public en lui offrant un lieu d’exposition permanente pour la première fois dans le pays. En effet, il n’est pas étonnant de retrouver ces œuvres dans les rues de la capitale par exemple, ou même des grandes métropoles françaises. 


Mais ce ne sont pas les seules : à Dijon, cet art est également mis à l’honneur. C’est l’objectif du M.U.R – Modulable, Urbain, Réactif – qui se situe au cœur du centre ville, rue Jean-Jacques Rousseau. Afin de rendre l’art accessible, tous les trois mois, un artiste est invité à laisser libre court à sa créativité sur un pan de mur de 8 x 4 mètres. Artistes nationaux, internationaux ou encore régionaux se succèdent alors avec une envie commune : exposer au monde leur art et leur différence. Mais le M.U.R, ce n’est pas qu’un lieu pour exposer son art temporairement. Depuis 2 ans maintenant, c’est également un festival dédié au Street Art : Banana Pschit. Live painting, expositions et concerts se relaient alors pendant quelques jours pour mettre à l’honneur cet art de rue et ainsi lui donner davantage de visibilité.

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